Le Général PALOMEROS mise sur la force de l’innovation technologique

15 sept. 2017 / Tags : Toulouse, CCIT, PRIMUS, Innovation

PRIMUS Défense & Sécurité est intervenu lors de la conférence  » La Défense, un sujet en devenir » organisée en partenariat avec CEPS & de la CCIT. Cet événement fut l’occasion de découvrir les orientations souhaitées par le Général Paloméros quant aux budgets et aux liens entre le ministère de la défense et industriels régionaux.

Le général d’aviation Paloumeros est venu plancher sur le budget de la Défense et ses orientations devant des industriels régionaux. Conférence-débat sans langue de bois.

Un général invité dans une chambre de commerce et d’industrie, ce n’est sans doute pas si courant. Surtout avec la carte de visite du général Jean-Paul Palomeros accueilli mercredi à la CCI de Toulouse par le président Philippe Robardey en partenariat avec le Centre d’étude et prospective stratégique (CEPS), un think tank international basé à Paris. Chef d’Etat major de l’Armée de l’air, (2009-2012), «Commandeur suprême de l’Otan pour la transformation» (2012-2015), le général (CR) Palomeros connaît les hommes mais aussi l’intendance, celle qui, paraît-il, fait gagner les batailles.

LE CONSTAT DU «GRAND ÉCART»

La quarantaine d’industriels de la région (dont le cluster Primus Défense et sécurité (lire ci-contre) présents l’ont donc écouté avec attention sur les orientations de la politique de défense et ses implications industrielles : quelles perspectives, quels budgets ? Un sujet sensible, mis en exergue par les polémiques de l’été et la démission inédite du chef d’Etat major des Armées. Le général a développé un concept que l’on retrouve par ailleurs dans l‘ouvrage édité en avril par le CEPS : «La défense écartelée».

Écartelée entre quoi, précisément ? «Il y a un grand écart entre l’excellence, ces hommes et femmes de la Défense sollicités dans tous les domaines et la reconnaissance des besoins des forces armées» qui disposent de «moyens réduits» compte tenu de la «succession de crises rapides» mais également «de la durée des engagements», résume le général : «Tous les pouvoirs politiques ont fait comme si ce n’était pas durable et que c’était le dernier engagement», relève-t-il encore. Mais aujourd’hui, les forces françaises sont engagées sur différents théâtres d’opérations extérieurs sans compter la sécurité intérieure.

«UN NOUVEAU MODÈLE»

Dans cette situation «extrêmement tendue», le général plaide pour «l’adoption d‘un nouveau modèle qui permette au budget de la Défense d’assurer le maximum de sécurité pour nos troupes et le maximum d’efficacité opérationnelle».

Où trouver les financements dans un contexte de restriction budgétaire ? Au-delà de la querelle des 2 % de budget, avec ses comparaisons aléatoires, «il faut basculer dans les valeurs absolues, savoir de combien on dispose pour faire quoi», relève en langage industriel Philippe Cothier, président d’honneur du CEPS. Sur le fond, l’accent doit être mis sur l’intelligence artificielle, la transformation numérique, plaide le général Palomeros. Les industriels espèrent que le premier fonds d’investissement consacré à la Défense servira notamment de levier. Seule certitude, «l’innovation doit être au cœur du réacteur», a conclu Jean-Paul Palomeros.


CLUSTER PRIMUS

Gilles Laborde, président de Cegelec Defense est aussi le président du cluster Primus Défense et sécurité. Un cluster, quesaco ? Une «grappe d’entreprises», précise un connaisseur. En clair, Primus regroupe une quarantaine d’entreprises du secteur qui ont notamment choisi de faire des appels d’offres communs : «Nous avons appris à travailler ensemble», souligne Gilles Laborde.